Une forêt historique avec une gestion fidèle à la nature
La gestion forestière actuelle, confiée à l’ONF, dans le cadre du document de Révision d’Aménagement Forestier, valable sur la période 2009-2028, s’inscrit dans une volonté de laisser la nature s’exprimer librement. Ainsi la CCBPD et l’ONF ont décidé que cette forêt ne serait pas prioritairement destinée au bois d’œuvre ni au bois de chauffage, ni même à la promenade facile en tous lieux. Il s’agit d’un espace où « on laisse la nature faire son travail le plus librement possible », tout en assurant certains aménagements (sentiers, entretien) pour le public.







Le document de Révision d’Aménagement Forestier, établi entre l’ONF et la CCBPD, fixe les grandes orientations : entretien léger, conservation des sujets viables, interventions ciblées pour répondre à une mortalité accrue sur certaines parcelles.
Ainsi, la forêt de la Flachère est l’une des rares forêts publiques de feuillus entretenues du Beaujolais, la plus grande du département du Rhône (101 hectares situés sur la commune de Légny). Sur ce fond patrimonial et écologique s’inscrit aujourd’hui un projet de replantation et d’adaptation face aux bouleversements climatiques.
Travaux de replantation : une expérimentation ciblée
Face à un constat de mortalité accrue des arbres sur certaines parcelles de la forêt — y compris au cœur du massif — l’ONF, mandatée par la CCBPD, met en œuvre une opération pilote. Trois parcelles sont concernées (n°6, n°9, n°11) pour le débroussaillage, l’abattage et le broyage, mais aussi la plantation d’essences mieux adaptées concentrée uniquement sur la parcelle n°9 et d’une surface d’environ 5 000 m² sur les 101 hectares que compte le massif (soit 0,5 % de la surface totale de la forêt). Sur ce test, 520 plants seront introduits : pins maritimes, chênes pubescents, tilleuls à petites feuilles.






Quatre phases rythment l’intervention :
- l’abattage de 450 m³ d’arbres affaiblis, qui seront valorisés pour du bois de chauffage vendu aux professionnels par l’ONF
- le débardage des troncs
- le broyage et nettoyage du sol
- enfin la plantation des nouveaux sujets, tous protégés contre la faune et entretenus pendant 3 à 4 ans avant que la nature ne prenne le relais.
Les sujets viables existants seront conservés, la régénération naturelle étant privilégiée sur le reste des surfaces non plantées lors de ce test.
Le montant global des travaux s’élève à 23 000 €.
Les travaux ont démarré fin octobre 2025 et se sont achevés en mars 2026. L’expérimentation a pour objectif d’évaluer la capacité de ces essences « importées » du sud à s’adapter aux conditions évolutives locales (sols, climat) — un signal fort pour la gestion forestière publique dans un contexte de changement climatique.
Enrichir les usages tout en préservant le vivant
Même si l’objectif principal de la forêt reste de laisser s’exprimer la dynamique naturelle, des aménagements existent : la forêt accueille 3 km de sentiers balisés pour la promenade, un sentier équestre de 2,5 km, un sentier botanique et sylvicole de 2 km avec des panneaux d’information sur les essences et la vie forestière. Elle abrite également deux étangs, des aires de pique-nique, des zones de détente, et fait partie du patrimoine vivant du Pays des Pierres Dorées. Dans ce contexte, l’intervention de plantation est conduite avec l’esprit de transparence : un test limité à 0,5 % de la surface, afin de ne pas perturber l’équilibre général du massif, tout en ouvrant une voie vers une gestion adaptative.
Ce projet illustre comment les collectivités, les gestionnaires forestiers et les acteurs privés peuvent coopérer pour anticiper les défis de demain : biodiversité, résilience, adaptation. Il s’inscrit également dans un cadre patrimonial et historique qui fait de la forêt de la Flachère un espace à la fois de nature libre et de découverte pour le public.




À travers cette initiative, la CCBPD et l’ONF invitent les habitants et les visiteurs à s’engager, à comprendre que la forêt n’est pas simplement un décor : c’est un écosystème en mouvement, qu’il faut accompagner, sans l’étouffer. Pour que demain, cette forêt historique, perchée sur le versant ouest de la Vallée d’Azergues, continue à respirer, à être refuge pour la vie, et à offrir aux générations futures le charme d’une nature vivante, riche et résiliente.
Un peu d’histoire…
La forêt de la Flachère n’est pas une exploitation classique : riche de plusieurs siècles d’existence, elle fait partie d’un ancien domaine seigneurial ; dès le XIIIᵉ siècle, le domaine de la Flachère était le siège d’une chevalerie de Malte. Le château de la Flachère, situé sur la limite des communes de Légny, Bois d’Oingt et Saint-Vérand, a été reconstruit entre 1863 et 1869 sous la direction de l’architecte Eugène Viollet‑le‑Duc pour le marquis de Chaponay.